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16 décembre 2018

Le patrimoine - Editorial

Les membres de l’ANF sont plus sensibles au patrimoine que d’autres parties de la population. La raison en est simple : le patrimoine fait partie de leur gène. La plupart des monuments furent construits sur décision de leurs aïeux. Il y a bien entendu les châteaux, les hôtels particuliers mais également, tout ce qui représente une trace de leur passage, comme les fondations d’église, les vitraux marqués de leurs armes, les monuments élevés à leur gloire.

Je ne parlerai pas ici du vandalisme qu’a subi l’Arc de Triomphe. Ce monument revêt deux symboliques. La première est l’hommage au Soldat inconnu, un hommage rendu pour et par la Nation. La seconde, la plus ancienne, rend hommage aux grandes figures du Premier Empire dont les noms sont inscrits pour ne pas tomber dans l’oubli.

Le patrimoine est revenu au goût du jour mais il est en péril. Il fait vivre le tourisme mais il est difficilement entretenu. Le château de Dampierre a été vendu faute de pouvoir être entretenu convenablement. La plupart des demeures de ce type ont été construites avec pour soutien un modèle financier qui n’existe plus. Le prince Carl-August de Hanovre viennent d’annoncer vouloir céder la demeure familiale pour un euro symbolique sachant que la facture des rénovations s’élève à plus de 25 millions d’euros. A l’exemple du château d’Ancy-le-Franc (Yonne), de riches mécènes sauvent de la ruine les plus beaux édifices. Mais à côté combien de demeures ne trouvent pas repreneurs et vont disparaître à jamais ?

La richesse de notre patrimoine est fragile. Je me souviens de la disparition, également dans l’Yonne, de la tombe du général Desaix, le héros de la campagne d’Égypte, détruite par un maire peu scrupuleux. Je me souviens à Neuilly-sur-Seine de l’opération de sauvegarde des tombes d’Anatole France et de Puvis de Chavanne, le peintre du Panthéon. Ces tombes étaient frappées d’abandon mais j’ai pu les sauver avec l’intervention de l’Institut de France. Je fus dernièrement frappé par l’état de certaines tombes au Père-Lachaise. En un an, de nombreuses croix ont été jetées à terre…

On ne peut pas toujours se plaindre. Beaucoup d’actions relèvent de l’entretien régulier et de l’attention des familles. Le manque d’intérêt ou d’attention se paie cher.

Une autre partie du patrimoine relève également de la symbolique. Les héritages sont la cause de partages, de dispersion d’objets rares. La globalisation des échanges accélère cette dispersion. Il y a une vingtaine d’année un collectionneur pouvait se permettre de laisser passer une pièce aux enchères car il savait qu’il aurait un jour une chance de la revoir. De nos jours, on ne peut savoir ce que deviendront les collections quand elles partent à l’étranger, dans des pays émergents ou peu stables.

Dans cet esprit, j’ai pu mener une opération de mécénat au profit de l’armée de Terre en organisant le rachat des épaulettes du maréchal de Mac Mahon. 117 personnes ont contribué au projet et nombre d’entre elles se sont retrouvées aux Invalides pour la remise des épaulettes. Ces épaulettes ont appartenu à une grande figure de la noblesse française, devenue maréchal de France, Président de la République. Elles appartiennent maintenant à la nation et seront ainsi préservée (voir l’article).

Je vous souhaite de passer en famille de bonnes fêtes de Noël et de fin d’année.

Frédéric de Berthier

 

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