Le mot du Président

Un article, adressé par un de nos membres et publié dans le bulletin, a fait récemment l’actualité. Des lecteurs en ont souri, certains y ont trouvé de la détresse, d’autres s’en sont offusqués.

Le premier enseignement est que le bulletin est lu, ce qui ne paraissait pas évident jusqu’à présent au vu des questions posées par nos membres dont les réponses s’y trouvent.

Le deuxième enseignement est que les questions sociétales restent un sujet sensible parmi nos membres. Le dialogue et une certaine tolérance aux idées des autres sont bannis pour quelques-uns. Il appartient à chacun de défendre ses idées, mais cela doit être fait avec courtoisie et non de manière offensive. L’insulte est une preuve de faiblesse. Il me paraît opportun de citer Talleyrand : « Ce qui est exagéré ne compte pas ».

L’A.N.F. ne prend pas position sur le nombre d’enfants engendrés par une famille. Cela est du seul ressort des parents. Vous lirez dans ce bulletin un article qui défend un avis et un comportement opposés à celui publié précédemment. L’auteur de cet article, Mademoiselle d’Hardivilliers, est une jeune femme, professeur de français et coauteur de la pièce « Qaraqosh », important village martyr chrétien d’Irak.

Nous avons reçu après « Les pères lapins », plusieurs propositions d’articles. J’en remercie les auteurs. Nos membres doivent continuer à nous en adresser, même lorsqu’ils sont moins motivés.

Le troisième enseignement fut, à mon regret, l’absence de réaction parmi nos lecteurs sur la perte actuelle de ses racines par la noblesse. Le sujet est aussi évoqué dans l’article. Il semble que pour de nombreux nobles, cela est devenu une fatalité.

Les révolutionnaires brûlaient nos archives pour effacer notre mémoire. Les mille châteaux en vente provenant pour la plupart de la noblesse, les portraits de familles dans les salles de vente ou chez les marchands, réalisent à présent leur dessein. Ces pertes irrémédiables sont un appauvrissement de notre patrimoine collectif. La noblesse reste, par sa filiation, sa durée et ses souvenirs, un témoin privilégié de notre histoire nationale.

Je rappelle fermement que la transmission de nos racines et de nos souvenirs reste un devoir. Notre enracinement a permis à la noblesse de survivre aux changements de société. Qu’adviendra-t-il dans les prochaines générations lorsque nos familles n’auront plus que leur nom ?

Je crains, à ce moment-là, que la noblesse ne devienne, hélas, étrangère à elle-même.

Le Duc d’Uzès

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