Prix Littéraire

 

Prix Littéraire

 

En 1988, le marquis de Vogüé, Président en exercice de notre association, a proposé la création d’un prix littéraire de l’A.N.F., qui viendrait récompenser un ouvrage illustrant les valeurs de la noblesse (honneur, fidélité, service…) ou un travail de recherches universitaires mené sur le sujet.
Il fut attribué en 1988, de 1994 à 1998, de 2003 à 2005 et chaque année, depuis 2014. Le choix du lauréat résulte de la décision d’un jury, animé par le seul souci de l’excellence. Celui-ci se compose de trois professeurs d’Université et de 10 membres de l’A.N.F.

Le choix des ouvrages mis en lice chaque année procède d’abord d’une large concertation entre les membres du jury, notamment les professeurs d’université, mais tient compte aussi de certains retours de la presse, voire d’autres critiques. Les principaux éditeurs informent également l'A.N.F. des titres qui vont sortir.

 

Le 30 novembre dernier, à la faveur d’une même réunion, qui se tenait au siège de notre association, le Duc d’Uzès a remis les prix littéraires A.N.F., au titre des années 2020 et 2021, à leurs lauréats respectifs :

- Emmanuel de Valicourt, pour son ouvrage sur Marie-Antoinette intitulé « Les Favoris de la reine », publié chez Tallandier en 2019

- Philippe Contamine pour son ouvrage « Nobles et noblesse en France 1300-1500 » publié chez CNRS Editions en avril 2021

 

  

 

Le premier, né en 1965, est professeur de droit. Il a été ordonné prêtre en 2006. « Les favoris de la reine » montre comment Marie-Antoinette, dont le mariage avec le futur Louis XVI venait sceller le renversement des alliances conclu entre la France et l’Autriche, avait réussi, autour du petit Trianon de Versailles, à créer sa propre société, loin des effluves de la cour, mortifères et nauséeux, où dépit et concupiscence s’alimentaient l’un l’autre. L’auteur en détaille les principaux membres masculins avec sobriété et justesse, qui à l’image de la Souveraine, fuyaient les flatulences méphitiques qui s’échappaient de l’univers courtisan.

Le second, historien émérite et médiéviste reconnu, est né en 1932. Philippe Contamine dispose en page 63 de son livre : « s’il était un membre du corps mystique du royaume qui devait servir le roi, c’était d’abord et avant tout la noblesse ».

Qu’est-ce à dire ? La théorie des deux corps permet de le préciser : toute famille noble procède d’une lignée et se propulse dans l’avenir avec son histoire, pour partie associée à celle du Suzerain, et sa renommée, c’est le premier corps. Tout aristocrate vivant, expression même du deuxième corps, n’aura de cesse de faire honneur à son nom, à réaffirmer l’engagement ancestral de sa famille auprès du roi. Ainsi honorer le roi et sa propre famille procède d’un même mouvement. Ceci se confirme à travers les âges mais doit régulièrement s’adapter aux formes nouvelles d’une société, quand celle-ci se transforme. La période retenue par l’auteur, 1300-1500, est à ce titre exemplaire, marquée par l’apparition des villes qui précipite la fin du moyen-âge.

La noblesse qui tenait la campagne, doit s’en remettre chaque jour davantage au pouvoir royal qui ne cesse de s’affirmer. Le livre de Philippe Contamine décrit ceci avec une grande intelligence, et pénètre au plus profond de chaque problème rencontré. L’érudition de l’auteur, l’élégance de son propos, et la masse de son travail, ne cessent d’impressionner.

 

Au cours des dernières années il a été attribué :

À Michel Figeac, en 1988, pour ses premiers travaux de thèse sur « Destins de la noblesse bordelaise-1770-1830 »

En 1994 à Eric Mension Rigau pour « Aristocrates et grands bourgeois » éd. Plon

En 1995 à Stacy de La Bruyère pour « Saint Exupéry » éd. Albin Michel

En1996 à Ghislain de Diesbach pour « Chateaubriand » éd. Perrin

En1997 à Guillemette de Sairigné pour « Mon illustre inconnu » éd. Fayard

En 1998 à Karl Ferdinand Werner pour « Naissance de la noblesse » éd. Fayard

En 2003 à Marc Fumaroli pour « Chateaubriand- Poésie et Terreur » éd. de Fallois

En 2004 à René de Naurois pour « Aumônier de la France libre » éd. Perrin

En 2005 à Hélie de Saint Marc pour « Toute une vie » éd. Les Arênes

En 2014 à « Correspondance, récits, lettres inédites » de l’abbé Henri Edgeworth de Firmont, ouvrage présenté et annoté par le RP Augustin Pic, paru aux éditions du Cerf.

En 2015 à Bertrand Goujon pour « Du sang bleu dans les tranchées » éd. Vendémiaire

En 2016 à Benjamin Deruelle pour  "De papier, de fer et de sang. Chevaliers et chevalerie à l'épreuve de la modernité", publications de la Sorbonne

En 2017 à Benedetta Craveri pour "Les Derniers libertins" éd. Flammarion

En 2018 à Jean-Charles Daumy pour "François XII de La Rochefoucauld-Liancourt : l'imaginaire nobiliaire dans la vie quotidienne d'un grand seigneur éclairé" Les Éditions de l'Épargne

En 2019 à Charle-Éloi Vial pour "La Famille royale au Temple. Le remords de la Révolution 1792-1795" éd. Perrin

En 2020 à l'abbé Emmanuel de Valicourt pour "Les Favoris de la reine" éd. Tallandier

En 2021 à Philippe Contamine pour "Nobles et noblesse en France (1300 – 1500)"  CNRS Editions